...mais, pour l'instant, j'hésite encore.
En effet, si je considère que le texte (Sexisme : ils se lâchent, les femmes trinquent) est globalement bienvenu et qu'il soulève des problèmes non seulement réels, mais importants, primordiaux, incontournables, je suis chagriné par une partie de ce court texte.
Plus précisément, le passage qui me gène est :
Les actes violents, viol, tentative de viol, harcèlement sont la marque d'une volonté de domination des hommes sur le corps des femmes.
Je ne souscris pas à ce constat, ou, pour le moins, il me paraît simpliste et par trop généralisant. En effet, il laisse entendre une sorte de coalition des hommes pour empêcher les femmes de s'épanouir, de se libérer d'une domination encore trop réelle.
Cela est malheureusement trop simpliste, parce que je crois au contraire que la majorité (ou presque) des hommes, en France pour le moins, ne nourissent aucun sentiment de supériorité, et encore moins de volonté de domination sur les femmes. Ils sont, nous sommes, au contraire convaincus de l'importance d'une égalité de droits réelle entre hommes et femmes, non seulement par simple volonté de justice, mais aussi parce que c'est une condition sine qua non pour le développement de notre société.
Même si on lit la phrase en considérant que "les hommes" s'appliquent aux auteurs des actes - intolérables - cités, je pense que l'on fait fausse route. Je suis persuadé que la plupart de ces actes individuels sont, non pas provoqués, mais rendus possibles par une trop grande désinvolture adoptée par l'état et certains de ses responsables ou citoyens vis-à-vis de la cause féminine et de la violence faite au femme en général, ce que dénonce par ailleurs la pétition. Les associer à une prétendue volontée de domination "des hommes sur le corps des femmes" est un raccourci dommageable à mes yeux.
Je sais qu'il n'est pas facile de rédiger un pareil texte, mais sur un sujet aussi important, il aurait été bienvenu de faire preuve de plus de discernement et de clarté.
Alors je signerai peut-être demain, peut-être pas, et de toutes façons cela ne changera pas grand chose. En souhaitant, au-delà des mots, que l'égalité hommes-femmes connaisse enfin des progrès significatifs, et que les violences faites aux femmes régressent enfin ici et ailleurs.
PS : je vous invite évidemment à vous faire votre propre opinion, en consultant par exemple le sit de l'association Osez le féminisme
Bien que femme et mère de 2 jeunes filles, je ne signerai pas cette pétition car je suis née sous x, membre de la CADCO et militante pour la suppression de la naissance sous x depuis plus de 10 ans.
Les féministes, le planning familiale et l'arrière-garde médicale sont nos adversaires les plus acharnés dans ce combat que nous menons pour lever l'anonymat de nos naissances afin d'acquérir le droit de connaître nos parents à l'âge de 18 ans.
Un enfant où je veux quand je veux ne signifie pas une naissance anonyme au détriment de l'enfant sa vie durant. Or son droit à l'intégrité et à la connaissance de ses origines. de ses racines et de son histoire familiale est foulé au pied par les sacro-saints droits de la femme à disposer de son corps -et de celui de l'enfant qu'elle met au monde. Volonté de domination de la femme sur le corps de l'enfant?
Le secret de la naissance préservé pendant 18 ans pour protéger les mères oui, mais la liberté des femmes outrepasse celle des enfants.
Par ailleurs, le maintien de l'anonymat est commode pour les violeurs qui agissent dans le cadre familial, ou pour les mères étrangères en situation irrégulière, mais les féministes refusent d'entendre la voix des mères de l'ombre qui militent avec nous pour la levée de l'anonymat...
En souhaitant moi aussi que l'égalité de droit homme-femme-enfant fasse un jour des progrès dans ce pays, le dernier de l'union européenne à maintenir cet état de non-droit pour certains citoyens un peu moins égaux que les autres.
Anne Halvorsen
Rédigé par : Anne Halvorsen | 28 mai 2011 à 00:07
J'ai moi aussi trouvé la pétition très simpliste !
Rédigé par : romain blachier | 29 mai 2011 à 00:08