C'était il y a déjà quelque jours, mais je n'avais pas pris le temps de l'aborder dans ce blog à l'activité trop cyclique.
Henri Guaino, dans les Echos, a dénoncé, en réponse à la mise en cause récente de plusieurs ministres, "une grande vague de populisme et de démagogie qui mène la République sur un chemin extrêmement dangereux". Bon, défense classique. Comme Anelka n'avait pas encore pété un câble, et qu'il y a encore un embargo sur les Juifs, il faut bien trouver un bouc émissaire. Pas bien loin, ni bien original : les journalistes. Ou plus exactement la "manipulation détestable des affaires et des rumeurs, notamment de
la part de certains organes de presse."
On pourrait en faire une page entière, en mentionnant par exemple son prix busiris, mais je me contenterai simplement rappeler que Guaino avait parlé, à propos du Canard Enchaîné, "de transparence totalitaire, mesquine".
Le journal venait en effet de révéler son salaire annuel, près de 300.000 €. Il les mérite sans doute, mais ne peut-on pas se demander si, en tant que fonctionnaire payé par de l'argent public, il ne devrait pas être un peu plus mesuré dans ses interventions, un peu plus discret dans les journaux, et pour tout dire plus respectueux des citoyens français ? Quand quelqu'un qui n'a jamais été élu - mais qui bénéficie d'une telle influence - considère que la transparence, c'est la démagogie, que l'aspiration à l'égalité, c'est du populisme, il devient difficile de respecter le pouvoir qu'il représente.
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